Brandon Dahm

 -  Siècle : 20e

 -  Point de départ : protestantisme.

 -  Préoccupation : sortir des préjugés

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : il découvre qu’une règle de foi autre que la Bible est nécessaire au christianisme, l’Écriture seule est insuffisante.

 

   Avec le recul, Brandom Dahm est effrayé du nombre d’idées fausses qu’il avait – et qu’ont généralement les protestants – sur l’Église catholique. A ses anciens coreligionnaires, il recommande d’abord de se faire une idée exacte de la doctrine catholique avant de se mêler de la critiquer :

   La rejeter ou entreprendre de la réfuter avant de l’avoir comprise, c’est vouloir décider soi-même ce qu’est la vérité, au lieu de tenter de la découvrir.

   Lui aussi, à l’origine, considérait que le catholicisme n’était pas même une option envisageable. La conversion d’un professeur qu’il estimait, Budziszewski, lui parut incompréhensible. Il osa lui demander par courrier électronique :

   J’ai toujours pensé qu’il était bien plus raisonnable de ne pas être catholique que de l’être. Pourquoi donc l’êtes-vous devenu ?

   Le professeur répondit aimablement, et le catholicisme commença à devenir, pour Brandon, une question à prendre au sérieux.

   Étudiant la doctrine catholique sur la grâce, il eut la surprise de découvrir que saint Thomas comme le concile de Trente affirment très clairement que la grâce de Dieu est nécessaire pour accomplir n’importe quelle action qui plaise à Dieu. L’opposition avec le protestantisme n’est pas sur ce point, mais sur le fait que Dieu, en donnant sa grâce, ne se contente pas de nous déclarer justes : il nous fait justes. En comprenant ce qu’enseigne vraiment l’Église, Brandon réalise, du même coup, que cette doctrine est raisonnable et parfaitement compatible avec la sainte Écriture.

   Assistant, un peu plus tard, à un débat entre plusieurs protestants sur cette question de la justification, il constate que des doctrines qu’il avait toujours crues fondées sur la seule Bible (sola Scriptura) étaient en réalité difficiles à défendre sur ce terrain.

   Je réalisai ainsi qu’une certaine tradition protestante évangélicaliste avait influencé ma lecture de la Bible. J’avais souvent plaqué ma théologie sur la sainte Écriture, bien plus que ne l’avais tirée de l’Écriture.

   Comment donc démêler le vrai du faux ? Le slogan protestant Sola Scriptura ne peut suffire :

   Bien que les formules de foi sur la sainte Trinité ou l’incarnation aient de solides arguments pour se dire la meilleure interprétation de l’Écriture, elles restent des interprétations qui ne sont que probables. En d’autres termes, si nous voulons une formule de foi qui définisse la norme de l’orthodoxie chrétienne, la réponse protestante ne fonctionne pas. Une règle de foi autre que la Bible est nécessaire au christianisme.

   Par ailleurs :

   S’il n’y a pas cette règle de foi [autre que la Bible] nous nous trouvons avec cette incongruité que Dieu, qui désire l’unité de son Église, a laissé cette Église sans un mécanisme qui rende cette unité possible. L’Écriture seule est insuffisante, et beaucoup de nous le savent par expérience.

   Brandom Dahm rejoint l’Église catholique le 10 février 2013, à travers la liturgie traditionnelle (qu’il appelle : la forme extraordinaire du rite romain).

 

D'après Douglas M. Beaumont (ed.),

Evangelical ExodusEvangelical seminarians and their paths to Rome,

San Francisco, Ignatius Press, 2016, 264 p.

 

Pour approfondir cliquez ici