Jean-Marie Élie SETBON (1964 - )

-   Siècle : 20e

-   Point de départ : rabbin juif.

-   Préoccupation : attirance vers la Croix, la sainte eucharistie, les Évangiles.

-   Porte d’entrée dans la vraie religion : l'Incarnation (Dieu vient vers nous en prenant une chair humaine).

          Jean-Marc Setbon est né le 10 juin 1964, à Paris. Son père est séfarade originaire de Tunisie et sa mère ashkénaze d’origine polonaise, mais ne sont pas des Juifs pratiquants.  A l’école, ses résultats sont mauvais, Jean-Marc n’étudie que ce qui l’intéresse, maths et physique.

La rencontre avec la Croix

          Jean-Marc Setbon, âgé de huit ans, en vacances dans une maison louée en Bretagne, découvre une croix fixée au mur. « Et là, c’est inexplicable, je suis attiré par le Christ ! Pourtant, je ne sais même pas qui Il est !... Dans la journée, je retourne souvent dans ma chambre et je reste là, à la contempler !... Je sais bien que ma famille n’est pas chré­tienne et j’ai vaguement l’impression de transgresser quelque chose. Mais c’est plus fort que moi : devant la Croix, je me sens tellement bien que je pourrais y rester des heures ! »

          L’été suivant, en vacances aux Sables-d’Olonne, pendant la sieste de la famille, il sort pour aller contempler les croix des calvaires.

          De retour à La Courneuve, une fois tout le monde endormi, dans le silence qu’il aime tant, au pied de son lit, il fait le signe de croix, lentement. « J’adore faire le signe de croix... Je peux passer des heures à regarder un crucifix ... C’est comme si j’étais devant la porte du Ciel ! »

          A onze ans, il se rend en famille près de Malaga, chez le frère de son père, marié à une catholique. Avec sa cousine, il entre pour la première fois dans une église : «Je suis émerveillé, elle est pleine de superbes crucifix ! »

          A douze ans, Jean-Marc prépare sa bar-mitsva, sans renoncer pour autant à ses rencontres avec la croix. Un dimanche après-midi, il décide d’aller visiter le Sacré-Cœur à Montmartre. Il en prend l’habitude, et un jour  s’avance pour recevoir la communion. « A partir de ce moment, l’eucharistie devient pour moi comme une drogue ! Voilà encore une folie de Dieu. Il me pousse à communier alors que l’Église ne le permet normalement pas, tant qu’on n’est pas baptisé. » II va communier régulièrement.

          Le mois de juin arrive, avec la bar-mitsva, « Au rabais ! » nous décrit Jean-Marc Setbon. Son père n’est pas assez riche pour donner une offrande à un rabbin. Ce sera donc une cérémonie simple. Des membres de sa famille sont invités à un repas : il reçoit quelques cadeaux et surtout 150 francs qu’il décide aussitôt d’utiliser en allant au Sacré-Cœur acheter une croix ! Il lui faudra beaucoup d’imagination pour la cacher à ses proches.

Une double vie

          A partir de la classe de cinquième, il est scolarisé dans un établissement juif loin de chez lui. Il apprend à mieux connaître le judaïsme, à prier et à pratiquer la Loi juive. Mais le soir, dans sa chambre, il constate que sa prière devant le crucifix n’est pas une « simple formule de » prière, mais une relation, un rendez­-vous avec quelqu’un. A quinze ans, il rentre dans un confessionnal pour demander le baptême. Paniqué, le prêtre sort du confessionnal et le laisse en plan. Il continue alors sa double pratique religieuse.

         A dix-huit ans, il décide de partir pour Israël dans le cadre d’un programme sioniste, Bnei-Akiva, de trois années. Mais il est blessé quand il découvre que Jésus est présenté comme un blasphémateur. On n’a même pas le droit de citer son nom ! Il constate que les prières juives ne laissent pas de place à la méditation. Pour ne pas faire le service militaire obligatoire en Israël, il rentre en France avec un certificat lui permettant d’être rabbin. Sa famille est atterrée en le voyant arriver avec barbe et chapeau. Il part à Grenoble aider le rabbin en charge de la synagogue. La communauté juive lui présente une jeune fille. Elle est loubavitch.

        Jean-Marc Setbon qui a choisi un nouveau prénom, Élie, se marie avec Martine. Il est repris par ce qu’il appelle son « syndrome christique ». En cachette, il recommence à communier au Sacré-Cœur avec ... sa barbe de rabbin ! Il se passionne pour l’évangile de saint Jean. C’est la double vie. Il rencontre un dominicain qui viendra chez lui une fois par semaine durant l’absence de sa femme. Un cambriolage intempestif de son appartement dans la journée laisse apparaître à sa femme, qui rentre la première, le livre du dominicain, la croix et les Évangiles ! Elle est furieuse et lui demande de jeter toutes ces choses impures.

Le chemin vers la conversion

         Le grand rabbin andalou du XIIe siècle, Maïmonide a formalisé un credo juif avec ce commentaire : « ... Si quelqu’un est assez pervers pour nier un de ces articles de foi, il est hors de la communion d’Israël, et c’est un précepte de le détester et de l’exterminer ».

         Jean-Marc Élie sait sait que l’amour de Jésus ne le quittera pas. Il propose à sa femme de divorcer, ne voulant pas la faire souffrir. Elle refuse.

          En 2004, Martine meurt peu après la naissance de leur septième enfant. Jean-Marc Élie se retrouve seul au foyer. « Ce n’est pas une sinécure… Éduquer seul six enfants (le septième est confié à une parente) c’est un travail à plein temps 24 heures sur 24 ! »

          Pendant les trois années de son veuvage, Jean-Marc Élie s’éloigne de l’Église. Mais en 2007, dans un film, il est question de l’Incarnation dans l’œuvre de saint Jean-de-la-Croix. Il sursaute : « ce livre il me le faut ! » Comme pour d’autres convertis, l’Incarnation est un point central de la doctrine catholique.

          Le 14 septembre 2008, c’est le coup de grâce, il reçoit le baptême et prend le prénom de Jean-Marie, Jean en l’honneur de l’évangéliste et de saint Jean de la Croix et Marie, la Sainte Vierge qu’il finira par vénérer. Il s’affirme maintenant pleinement catholique : « Le cardinal Lustiger, au sujet des Juifs devenus chrétiens comme lui, parlait de Juifs accomplis. Je ne suis pas d’accord avec lui : je ne me considère pas comme un Juif accompli, mais un Juif converti au Christ : on ne parle pas de Juifs accomplis dans les Actes des Apôtres, ni dans les Épitres de Saint Paul, ni dans toute la sainte Bible. Les gens qui écoutaient saint Pierre, le chef de l’Église, lui demandaient: « Que devons-nous faire ? » Il répondait : « Convertissez-vous. »

          En 2009, Jean-Marie Élie se remarie avec Pétronille, une catholique.

Oser être franchement catholique.

          Jean-Marie Élie Setbon s’insurge contre le manque de courage des catholiques. Il a lui même fait preuve de courage  en se convertissant. Il lui a fallu affronter le rejet de sa communauté dans sa vie de chaque jour.

          Ce rejet est d’ailleurs marqué par une prière (ou plutôt une malédiction que certains juifs prononcent encore trois fois par jour contre les juifs devenus chrétiens).

          Il consacre son second ouvrage à la prise de conscience qui a été la sienne de l’utilité de l’Incarnation, car, dit-il, pour un Juif c’est ce point qui est le plus difficile à concevoir.

Jean-Marie Élie Setbon, De la kippa à la Croix, conversion d’un juif au catholicisme et Oser être soi même.

 

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