Frédéric Vuillard (1580-16??)                                                           

 -  Siècle : 17e

 -  Point de départ : protestant (calviniste).

 -  Préoccupation : un miracle eucharistique éclatant, à Faverney en 1908 (l’hostie consacrée reste 33 heures dans les airs)

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : après avoir examiné sous tous les angles ce miracle qui contredit le protestantisme, Frédéric prie Dieu de l’éclairer, et finit par se mettre à genoux.

Le miracle eucharistique de Faverney (26 mai 1608)

  Frédéric Vuillard, calviniste depuis son enfance, et orfèvre de son état, assiste en 1608, au spectaculaire miracle de Faverney, en Franche Comté.

  Juste après l’incendie de l’abbatiale, il voit, comme des milliers d’autres témoins, l’ostensoir portant le Saint-Sacrement maintenu en l’air pendant trente-trois heures. Il finit par s’agenouiller, pour adorer. Après avoir abjuré le protestantisme, il portera ce témoignage dans une lettre du 26 juin 1619 :

[…] Le 26 mai 1608, retournant de Présigny à Montbéliard, je passai à Vesoul, tout au matin, où arrivant je trouve le peuple en émotion pour avoir su que la nuit précédente, en l’église abbatiale de Faverney, il s’était fait un grand miracle et qui durait encore pour lors, assurait-on. Aussitôt je me résolus d’assouvir ma curiosité en cela, de façon que je me portai audit Faverney avec plusieurs milliers de personnes.

  Et là arrivé, je m’approchai d’un endroit de ladite église qui sépare le chœur avec la nef par le moyen de certains treillis de fer fort épais où je vis des marques d’un grand embrasement et de tous côtés des cendres et charbons et le reste d’un autel de bois – que l’on me dit avoir été apprêté le jour d’avant pour exposer le Saint-Sacrement – qui était en partie brûlé.

  Et au milieu de toutes ces marques et restes d’un grand feu, je vis un ciboire d’argent, doré aux moulures et extrémités, qui était en l’air, sans toucher ni être soutenu de rien que ce fût, ce qui me fit frémir, quoique hérétique alors, et je refusai de croire ce que je voyais, si bien que je sortis de l’église et y retournai plus de trente fois pour voir et revoir et, s’il était possible, comprendre tel miracle.

  Enfin, après avoir prié Dieu de me faire la grâce d’être éclairci de ma foi, j’entrai en la considération que tel ciboire ne pouvait naturellement subsister en l’air sans quelque cause surnaturelle.

  De plus, je m’étonnai comme ledit ciboire et le Saint-Sacrement avec les reliques enchâssées au même ciboire et le papier qui bouchait le tuyau d’un côté du cristal auquel était un débris du doigt de sainte Agathe martyre n’avaient été brûlés, puisque de tous côtés je voyais et le marbre brisé et un des chandeliers d’étain en partie fondu et lesdits treillis tous blanchis pour avoir été ardents par la grande chaleur et véhémence dudit embrasement.

  De plus, je m’étonnai que le ciel qui couvrait ledit autel n’était pas brûlé au dessus et à l’endroit du Saint-Sacrement et que les parchemins qui contenaient les bulles et indulgences, quoique relevés au milieu des cendres, n’étaient aucunement brûlés, hormis toutefois le sceau de cire fondue.

  Tout cela considéré, je ne pus faire que pour lors je ne fusse touché en l’âme et que je ne crusse ce que ma religion jusqu’alors me défendait de croire, si bien qu’à l’instant je me mis à genoux pour adorer Dieu que je voyais en l’air vaincre les flammes [1]

Un miracle très solidement attesté

 Le miracle eucharistique de Faverney (25-26 mai 1608) est très solidement attesté grâce à une enquête canonique quasi-immédiate (du 29 mai au 9 juin 1608) qui recueillit vingt-neuf récits distincts du miracle, signés et attestés sous la foi du serment par 54 témoins (8 religieux de l’abbaye, 13 autres ecclésiastiques, et 33 laïcs dont 5 femmes). [2].

 

Il faut ajouter que ce miracle a honoré un ostensoir-reliquaire. En plus du culte eucharistique, il confirme donc, secondairement, le culte des reliques (que les protestants refusent).


1 —  Frédéric Vuillard, lettre du 26 juin 1619 au Conseil de la ville de Dole (archives communales de Dole, cote 1340). Texte modernisé et légèrement abrégé.

2 — Ces témoignages ont été édités en 1908 dans le recueil intitulé Le miracle de la sainte Hostie conservée dans les flammes à Faverney en 1608 (2e éd. complétée, Besançon, imprimerie Jacquin, 1908). — On peut également consulter Émile Pirolley, L’Hostie sauvée des flammes, Histoire du miracle de Faverney et des hosties miraculeuses, Paris, Alsatia, 1950.

 

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