Joshua Betancourt

 -  Siècle : 21e

 -  Point de départ : protestantisme.

 -  Préoccupation : il entreprend un mémoire sur l’infaillibilité pontificale. Il veut montrer qu’il s’agit d’une invention catholique.

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : il note que le culte protestant est centré sur le sermon. Jésus lui-même, dans l’évangile, centre la vie spirituelle sur l’eucharistie. Il en déduit que la vraie Église du Christ est l’Église catholique.

 

  C’est sur les conseils du protestant Norman Geisler, fondateur du SES, que Joshua Betancourt entreprend un mémoire sur l’infaillibilité pontificale. Il veut montrer qu’il s’agit d’une invention catholique, inconnue des premiers chrétiens.

  Mais l’étudiant découvre avec surprise que les trois degrés de la hiérarchie catholique – évêque, prêtre et diacre – sont déjà mentionnés par saint Clément de Rome, qui a été en contact avec les Apôtres [1]. Il observe que le même Clément parle clairement d’une autorité transmise par succession : les Apôtres ont eu des successeurs à qui ils ont donné la consigne de transmettre à leur tour ces ministères [2]. Ce n’est pas tout. A la même époque, saint Ignace d’Antioche parle aussi de cette triple hiérarchie (évêque, prêtre, diacre) et indique que les chrétiens n’ont pas le droit de s’en séparer [3]. Et saint Irénée de Lyon (disciple de saint Polycarpe qui fut lui-même formé par saint Jean) invoque également l’autorité des évêques successeurs des apôtres, et se réfère explicitement à celle de l’évêque de Rome.

  Pour calmer les inquiétudes de son étudiant, Geisler lui fournit le commentaire d’un universitaire protestant qui atténue autant que possible la signification et la portée de ces textes. Joshua lui fait d’abord confiance. Il continue son travail dans la direction fixée d’avance et publie en 2008 un ouvrage commun avec Geisler pour saper les prétentions catholiques (Is Rome the True Church ? An examination of the roman catholic claim). Mais le doute le poursuit.

  Ayant remarqué que le culte évangélicaliste est centré sur le sermon, tandis que la liturgie catholique est centrée sur l’eucharistie, il décide de chercher ce qu’en disent les premiers Pères de l’Église.

  Or le doute n’est pas permis. Ignace d’Antioche et Irénée de Lyon, au second siècle, insistaient déjà sur le sacrifice et la communion eucharistiques. En les lisant, Joshua réalise que Jésus lui-même, dans l’évangile, centre la vie spirituelle sur l’eucharistie (Jn 6, 53 et 55-56). Où trouver cette vie sacramentelle que les protestants ont perdue ?

  Après avoir regardé du côté de l’anglicanisme, Joshua Betancourt doit se rendre à l’évidence, en 2011 : la vraie Église du Christ est l’Église catholique.

 

[1]  —  Saint Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, ch. 42.

[2]   — Saint Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, ch. 44.

[3]   — Saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens, 3, 1 et 7, 2.

 

D'après Douglas M. Beaumont (ed.),

Evangelical ExodusEvangelical seminarians and their paths to Rome,

San Francisco, Ignatius Press, 2016, 264 p.

 

Pour approfondir cliquez ici