Michael Mason

 -  Siècle : 21e

 -  Point de départ : protestantisme.

 -  Préoccupation : sonder les principes protestants : salut par l’Écriture et salut par la foi seule.

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : Il découvre que, d’après le nouveau testament c’est la foi opérant par la charité qui sauve, contrairement à ce que croient les protestants.

 Dans ce curieux séminaire protestant où les étudiants sont encouragés à lire saint Thomas d’Aquin, Jacques Maritain, Étienne Gilson, G. K. Chesterton et même le père Garrigou-Lagrange (qu’on chercherait en vain dans maint séminaire conciliaire), Michael Mason a été sévèrement averti de ne prêter attention qu’à la philosophie de ces auteurs, en se gardant soigneusement de leur théologie papiste. Mais ce genre de lectures contribue tout de même à faire tomber les préjugés anticatholiques.

Au terme de ses études au SES, Michael Mason en vient à s’interroger sur le bien-fondé des deux grands principes protestants : le Sola Scriptura et le Sola Fide.

Quant au premier, l’état du protestantisme en général, et de l’évangélicalisme en particulier, suffit à en montrer les fruits. Les évangélicalistes sont incurablement divisés sur toutes les questions essentielles, qu’elles touchent à la foi, à la morale ou au culte liturgique.

Je m’ouvris de mon malaise à mon épouse ; elle était, elle aussi, profondément troublée par le véritable océan de confusion et de contradiction que constitue l’univers évangélicaliste.

Michael en vient à rejeter le principe Sola Scriptura pour quatre raisons :

  • • la Bible ne l’enseigne pas,
  • • l’histoire ne lui rend pas témoignage,
  • • il ne peut pas unifier les chrétiens,
  • • ni établir avec autorité le canon des Écritures.

Le principe Sola Fide (salut par la foi seule) résiste davantage. Mais en creusant la question, Michael remarque qu’il s’agit de savoir quelle est la foi qui justifie, évoquée par saint Paul. Est-ce la foi séparée des deux autres vertus théologales (espérance et charité) ou bien la foi vive, c’est-à-dire animée par la charité, comme le disent les catholiques ?

La plupart des passages de la Bible sont neutres au regard des rapports entre la foi et la justification, en ce sens qu’ils peuvent être interprétés à la fois par les catholiques et par les protestants de façon à correspondre à leurs positions respectives. La question, cependant, est de savoir si la Bible a au moins une fois affirmé qu’on est sauvé par la foi seule, ou bien s’il y a des passages indiquant qu’on est sauvé par la foi opérant par la charité. Les catholiques ont ici l’avantage, car tous les passages invoqués en faveur de la position protestante peuvent aisément être compris de façon catholique, tandis qu’un bon nombre d’autres passages enseignent clairement la position catholique (Jn 14, 23 ; Ga 5, 5-6 ; Jac 2, 21-23 ; 1 Pe 1, 8-9 ; 1 Jn 3, 14 ainsi que 4, 8 et 5, 3-4).

Avec son épouse, Michael fait donc le pas vers l’Église catholique en 2012.

 

D'après Douglas M. Beaumont (ed.),

Evangelical ExodusEvangelical seminarians and their paths to Rome,

San Francisco, Ignatius Press, 2016, 264 p.

 

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