Ken Guindon (1939-)

 -  Siècle : 20e

 -  Point de départ : « Témoin de Jéhovah ».

 -  Préoccupation : saint Paul dit clairement que Jésus est Dieu (alors que les Témoins de Jéhovah le nient !).

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : l’archéologie et les écrits des premiers chrétiens montrent que le christianisme antique était déjà l’Église catholique !

Jésus est-il Dieu ?

  Ken Guindon est né en 1939. En 1962, il est militant jéhoviste (= témoin de Jéhovah) depuis plusieurs années, lorsque tout à coup, il est ébranlé par une répartie inattendue. Alors qu’il discute, comme d’habitude, contre la sainte Trinité, contre la divinité de Jésus-Christ, contre l’âme immortelle, etc. et qu’il veut justifier ses négations habituelles (pas de Trinité, pas d’âme immortelle, pas d’enfer…), son interlocuteur demande :

— M. Guindon, pourquoi ne pas parler de l’essentiel ?

  Un peu surpris, je lui demande ce qu’il entend par « l’essentiel ». — « Eh bien, Jésus-Christ et le salut ! »

  Pendant dix ans, Ken est poursuivi par cette phrase, qui lui fait comprendre, peu à peu, le vide de son « apostolat », essentiellement négatif et polémique. Pourtant, il reste dans l’organisation jéhoviste. Il rejoint même son siège central à Brooklyn. Mais en 1973 qu’un verset de saint Paul lui fait tout à coup saisir que, contrairement à l’enseignement de la Watchtower Society (qui dirige les Témoins de Jéhovah), Jésus est Fils de Dieu, de même nature que son Père :

  Intrigué par la Trinité et surtout par la divinité de Jésus, je me mets à dévorer des livres sur ces sujets. Mon raisonnement est très simple : si Jésus est bien l’égal du Père, alors les témoins de Jéhovah sont dans l’erreur. Dans un de ces livres, je tombe sur le verset suivant :

  « C’est pourquoi je vous le déclare : personne parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : Anathème à Jésus, et nul ne peut dire : Jésus est Seigneur, s’il n’est avec l’Esprit Saint » [1 Co 12, 3].

  Réfléchissant sur la signification de ce texte, je comprends que le Seigneur que Paul prêchait était bien ce Jésus qui est Fils de Dieu, de même nature que son Père, et de ce fait, son égal. Mais pour arriver à croire cela, il faut que le Saint-Esprit me le montre […]. Or l’Esprit-Saint est fidèle, et nous vient en aide dans notre faiblesse, pourvu qu’on veuille bien l’invoquer.   Effectivement, l’Esprit vient m’illuminer, et je saisis tout à coup, comme par révélation, que Jésus n’est pas un dieu comme le disent les témoins de Jéhovah, mais qu’il est bien Dieu, et qu’il est mort sur la croix pour me sauver. Quelle nouvelle formidable, quelle grâce et quel amour de la part de Dieu : devenir homme pour moi, et mourir pour moi.

  Ken rompt avec les témoins de Jéhovah, mais garde ses préjugés anti-catholiques : il devient pasteur protestant, dans la mouvance « baptiste ». En 1978, il est envoyé « évangéliser » la France, pour la libérer des superstitions papistes.

Le livre de Marie Carré

  Pour être efficace, Ken étudie la culture française et les arguments catholiques.

  J’achète de nombreux livres, dont celui de Marie Carré J’ai choisi l’unité [1], autobiographie d’une protestante française, qui s’est convertie au catholicisme. Sa recherche historique est surprenante et passionnante. Elle cite de nombreux Pères dont saint Justin, qui dit du baptême que c’est un bain pour la rémission des péchés et la régénération.

  Ken peut vérifier dans la Première apologie de saint Justin (vers l’an 150) que ces citations sur le baptême et l’eucharistie sont exactes.

  Quelque peu secoué par de telles affirmations, je me dis qu’il ne peut y avoir que deux solutions :

  • ou bien saint Justin a raison, auquel cas je suis dans l’erreur comme protestant et comme baptiste,
  • ou bien déjà en 150 après Jésus-Christ, à l’époque de Justin, l’Église était rongée par l’apostasie et la superstition.

 

« Si eux se taisent, les pierres crieront » (Lc 19, 40)

  Il y a aussi l’argument des pierres :

  J’ai souvent l’occasion de visiter des cathédrales et des églises, et je suis frappé par l’attitude des gens : aussitôt entrés, ils chuchotent par respect pour ces lieux de prière, alors que dans nos églises baptistes, tout le monde discute avant le culte. […] Au cours de mes visites dans les vieilles églises, je suis également impressionné par l’âge des pierres, ces vénérables témoins de l’histoire. J’écoute attentivement les explications du guide sur tel autel du 4e siècle, ou ce monastère du 9e siècle, et je me pose cette question : « Ici, il n’y a pas de doute, les vestiges sont là ; mais où sont ceux de nos églises baptistes ? »

  Pourtant, les clichés et les réflexes anticatholiques sont tellement tenaces qu’il faudra encore des années pour les vaincre. Mais Ken Guindon finit par rejoindre l’Église catholique.

  Il a raconté son parcours dans son ouvrage La Vérité vous rendra libre (1989).

  Dans un autre livre, Les Témoins de Jéhovah, l’envers du décor, il expose l’histoire et la doctrine des « témoins de Jéhovah ». Il étudie surtout en détail leur version de la Bible, la TMN (Traduction du Monde Nouveau), dont il démontre clairement les falsifications.

 

[1] —  Excellent ouvrage, récemment réédité par Chiré (NDLR.)

 

Bibliographie : Ken Guindon, La Vérité vous rendra libres, Le retour à l’Église d’un ancien témoin de Jéhovah (1989)

Ken Guindon, Les Témoins de Jéhovah, l’envers du décor (Paris, Téqui, 1990).

 

Pour approfondir cliquez ici