Tiago Gadotti (1992-)

 -  Siècle : 21e

 -  Point de départ : « Témoin de Jéhovah » depuis son enfance.

 -  Préoccupation : la lecture des Confessions de saint Augustin (4e siècle) lui montre que la doctrine catholique reste identique à travers les siècles, tandis que la doctrine des Témoins de Jéhovah change sans cesse.

 -  Porte d’entrée dans la vraie religion : étude des Pères apostoliques (1er siècle) et de la vie des saints catholiques (Padre Pio, saint François d’Assise).

Né chez les Témoins de Jéhovah

  Je suis né au Brésil en 1992. Cinq ans avant ma naissance, mes parents avaient adhéré à la secte des témoins de Jéhovah.

  Jusqu’à 18 ans, je croyais à toutes les doctrines des témoins de Jéhovah et j’avais une confiance totale dans les hommes qui dirigent l’organisation. Les choses ont commencé à changer quand j’ai fréquenté l’université et me suis intéressé à un cours de philosophie donné sur internet par un philosophe brésilien catholique. Ses écrits et son cours m’ont frappé, car c’était la première fois que je voyais une personne cherchant la vérité de manière passionnée et profondément personnelle. Je dus faire cette étude en cachette, parce qu’il est interdit aux témoins de Jéhovah d’étudier la philosophie.

  Je remarquai – et ce n’est pas une coïncidence – que sa philosophie de la conscience utilisait beaucoup les Confessions de saint Augustin. Poussé par les suggestions de ce philosophe, j’ai donc lu les Confessions de saint Augustin, et cette lecture a tout changé.

En lisant saint Augustin

  1. — D’abord, j’ai constaté que saint Augustin cite continuellement la Bible, de façon toute naturelle et spontanée.   Mais, contrairement à ce que s’imaginent les témoins de Jéhovah, les Pères de l’Église sont imprégnés de l’esprit de l’Écriture sainte.
  1. — Ensuite, saint Augustin raconte son expérience des sectes hérétiques de son temps, notamment, les Manichéens. Or elles présentent certaines ressemblances avec les témoins de Jéhovah : même façon de récupérer la Bible et de déformer la personne du Christ.
  1. — Enfin, et c’est peut-être le principal, ce livre de saint Augustin, écrit il y a plus de 1600 ans, garde toute sa valeur aujourd’hui. Les ouvrages des témoins de Jéhovah deviennent très rapidement caducs à cause du changement constant de doctrine. Ils ne lisent plus, aujourd’hui, les livres publiés par le fondateur de la secte, C. T. Russell, ni même quelques livres publiés avant l’an 2000. Un témoin de Jéhovah qui lirait aujourd’hui les livres publiés par sa propre secte dans les années 1970, par exemple, les trouverait étranges. Ceux de Russell lui sembleraient appartenir à une religion différente. Or les écrits de saint Augustin gardent toute leur actualité, et les catholiques d’aujourd’hui s’y retrouvent facilement.

Enquête historique et doctrinale

  Mon désir de connaître l’Église augmenta. Je commençai une recherche sur deux plans différents :

  1. Au plan doctrinal : j’ai lu les Pères Apostoliques, c’est-à-dire les auteurs chrétiens qui ont été, dans leur jeunesse, contemporains des Apôtres. J’ai constaté qu’ils sont à la fois fidèles aux Apôtres et conformes à la doctrine catholique que nous connaissons aujourd’hui. La Didaché, par exemple (au 1er siècle), parle déjà de la messe du dimanche, du rite du baptême, etc. Les épîtres de saint Ignace affirment clairement la divinité du Christ.
  1. Au plan historique : j’ai surtout regardé la vie des saints; d’abord, la vie de Padre Pio, avec tous ses miracles, guérisons, lévitation, discernement des esprits, bilocation, don des langues... Padre Pio a le grand avantage d’être très proche de nous dans le temps. Ses miracles sont attestés par des centaines de témoins : on ne peut raisonnablement pas les mettre en doute. Or ces miracles sont similaires à ceux des prophètes de l’ancien Testament, de Jésus-Christ et de ses apôtres. Par sa vie et par ses miracles, Padre Pio ressemble à un prophète. Il y a là une très nette continuité avec la Bible. On ne trouve absolument rien de semblable chez les témoins de Jéhovah. J’ai lu ensuite la biographie de saint François d’Assise. Elle fait, pour ainsi dire, le lien entre Notre-Seigneur Jésus-Christ et Padre Pio, dans la mesure où saint François a imité de très près la vie de Jésus, et Padre Pio celle de saint François.

  Un jour est ainsi arrivé où j’ai compris que j’étais déjà catholique. J’ai récité mon premier Ave Maria. Je suis néanmoins resté dans la secte pendant plusieurs mois, avant de sortir définitivement. Pourquoi ? A cause des sanctions très strictes contre ceux qui quittent le mouvement. Ils sont littéralement excommuniés. Du jour au lendemain, vous vous retrouvez sans amis, voire sans parents (car ils ont l’interdiction de vous adresser la parole). J’ai reçu le vrai baptême – catholique – en 2012, au Monastère de la Sainte-Croix.

 

Tiago Gadotti

témoignage rédigé pour la revue Le Sel de la terre (nº 98, p. 162)

 

 

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